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Site réalisé avec la gracieuse collaboration du Professeur Chanson, du Docteur Castinetti et du Professeur Raverot

Les traitements

Les objectifs du traitement

Les objectifs du traitement sont multiples :

  • Stopper la progression de la tumeur
  • Réduire le volume de la tumeur
  • Normaliser le taux d’hormone de croissance
  • Soulager les symptômes

Pour y parvenir, trois types de traitement sont actuellement disponibles :

Dans la majorité des cas, le traitement chirurgical est le traitement de première intention. En cas de non guérison, un traitement par médicaments (analogues de la somatostatine) est recommandé. En cas d’échec, avant d’envisager une radiothérapie, un autre traitement par médicaments (antagoniste de l’hormone de croissance) peut être proposé.

Le traitement chirurgical

chirurgien

Le traitement chirurgical est le plus souvent le traitement de choix. Il constitue le moyen le plus rapide pour réduire le taux d’hormone de croissance. Il consiste à retirer l’adénome hypophysaire.

Dans la majorité des cas, l’adénome peut être retiré par voie transphénoïdale (voie nasale). Les résultats dépendent beaucoup de la taille de la tumeur. Pour les petites tumeurs (microadénomes), une sécrétion normale d’hormone de croissance est rétablie dans 90 % des cas. Chez les personnes qui présentent un adénome de plus de 1 centimètre (macroadénome), une sécrétion normale est rétablie dans 50 à 60 % des cas. Cette intervention peut parfois s’accompagner, généralement de façon transitoire, d’une augmentation des urines et d’une soif intense (diabète insipide). Un écoulement de liquide par le nez (rhinorrhée), généralement bénin, peut également survenir après l’intervention.

Un autre traitement, par radiothérapie et/ou médicaments est proposé :

  • en l’absence de guérison ou de bon contrôle du taux d’hormone de croissance après chirurgie,
  • en cas de récidive (tumeur qui « repousse »),
  • si la chirurgie est impossible ou incomplète,
  • si la chirurgie est contre-indiquée.

Le traitement par médicaments

gélules de médicaments

Deux types de médicaments peuvent être utilisés en association
avec la chirurgie et/ou la radiothérapie mais également chez les patients non opérés :

  • Analogues de la somatostatine (traitement médicamenteux de 1ère intention)
    La somatostatine est une hormone qui inhibe la sécrétion d’hormone de croissance. Les analogues de la somatostatine utilisés sont maintenant disponibles sous des formes permettant une injection par mois. Comme la somatostatine, ils inhibent la sécrétion d’hormone de croissance et permettent de normaliser le taux d’hormone de croissance .
    Le principal effet indésirable de ces analogues est la survenue de troubles gastro-intestinaux: douleurs abdominales, diarrhées voire émission de selles graisseuses (stéatorrhée). L’apparition de calculs biliaires est également fréquente, mais généralement indolore et sans complication particulière.
  • Antagoniste de l’hormone de croissance
    Un médicament, utilisé en cas d’échec au traitement par les analogues de la somatostatine, est actuellement disponible sous forme d’injections sous-cutanées quotidiennes. Il agit en bloquant les effets de l’hormone de croissance dans l’organisme et inhibe les excès délétères de l’excès d’hormone de croissance.

Une troisième classe de médicaments, les agonistes dopaminergiques, peut être utilisée en cas de production associée de prolactine. Ces médicaments diminuent légèrement la sécrétion d’hormone de croissance et s’accompagnent d’effets indésirables variables (nausées, vomissements, malaises au lever…).

La radiothérapie et les autres traitements

pictogramme radiothérapie

La radiothérapie consiste à utiliser des rayons (rayons X, rayons gamma, électrons…) qui, après avoir traversé les tissus, vont détruire les cellules visées. Les séances, d’une quinzaine de minutes (dont quelques minutes seulement d’irradiation), sont totalement indolores. En général, une trentaine de séances réparties sur six semaines sont nécessaires.
Très efficace pour empêcher des résidus de tumeur, n’ayant pu être enlevés par chirurgie, de se développer en une nouvelle tumeur, la radiothérapie agit lentement. La correction de l’hypersécrétion hormonale peut prendre jusqu’à 10 ou 15 ans. Elle peut aussi entraîner une destruction de l’hypophyse à proximité de l’adénome, conduisant progressivement à une insuffisance des différentes hormones hypophysaires. Elle n’est donc proposée, sauf cas exceptionnel, qu’en complément du traitement chirurgical et/ou des médicaments.

Des irradiations plus localisées (« radiochirurgie », radiothérapie stéréotaxique, gamma-knife…) sont maintenant proposées. Elles permettent une irradiation plus ciblée d’où une diminution du risque de complications hormonales.